« Le problème, le GROS problème est que l’on ne parle pas assez ouvertement argent. » Voilà ce que j’écrivais récemment à une amie au sujet de difficultés relationnelles qu’elle rencontre dans son organisation.

Taire les sujets financiers dans nos conversations et nos échanges même en affaire, est une habitude bien française, typique même de toute notre vieille Europe… Et cette habitude ne nous aide pas. Bien au contraire elle est la source de la plupart des mésententes dans les équipes, de nombre de conflits privés et de récurrentes disputes ou de rapports de pouvoir non-dits dans les couples.

Tout d’abord : pourquoi avons-nous du mal à parler simplement et franchement argent ? Pourquoi faut-il toujours entendre des justifications presque des excuses lorsqu’on est obligé de le faire ?

Besoin de défendre l’image de marque d’une personne désintéressée « Je ne fais pas cela pour de l’argent / que pour de l’argent / j’ai des idéaux, des préoccupations plus élevées que « ça » ».

Le « ça » n’est autre que notre besoin de survie de base. Et nous avons appris à en avoir honte. Comme si nous devions par je ne sais quel miracle subvenir à nos besoins par l’opération d’un Saint Esprit providentiel qui serait prêt à pourvoir, comme si dire que nous devons avant tout penser à assurer notre fondation nous cataloguerait illico dans la classe des « gens dans le besoin ». Ou au contraire, comme si le fait de mettre l’argent en premier nous collait l’étiquette « requin » sur le front.

Emotions bloquées au sujet de l’argent au point de provoquer des comportements d’une irrationalité édifiante. Comment avons-nous pu nous « coincer » à ce point dans une culture qui nous empêche très simplement et sainement de reconnaître qu’avant de pouvoir jouer un rôle dans la société, avant de pouvoir aider quiconque ou élever avec tout notre amour nos enfants, nous devons penser à assurer les fonds, fond – dations, qui le permettent !

Les chefs de religions de tout bord nous ont dit : « restez pauvres et vous irez au paradis, soyez humbles et ne la ramenez pas trop, travaillez dur et souffrez beaucoup, cela vous permettra d’être les élus qui vivront ensuite une belle vie dans les nuages… Restez pauvres et humbles pendant que nous, nous nous engraissons et supportons en nous sacrifiant l’embonpoint et la goutte, car nous sommes les plus proches de Dieu et … avons le pouvoir!

Le communisme nous a dit: « Restez tous à égalité, vouloir plus que les autres est mal, c’est injuste et immoral, chacun doit avoir comme l’autre et si vous vous enrichissez, vous allez prendre à quelqu’un d’autre sa pitance. Faites cela pendant que nous, la nomenclature, nous nous sacrifions à bouffer du caviar dans nos villas de luxe parce que nous en avons le droit et le pouvoir, l’égalité c’est pour la masse au nom de laquelle nous parlons. »

Le capitalisme nous a dit : « Regardez bien tous ceux qui s’enrichissent sont des pourris, ils gouvernent le monde entre grandes puissances économiques et politiques et exploitent les ressources humaines et terrestres pour leur profit. Restez donc d’humbles salariés à notre service car si vous tentez de devenir riche comme nous, vous serez mal vus et jalousés et votre vie sera un enfer, car comme tout le monde sait les milliardaires sont très malheureux et méchants »

Résumé : restez à la place où vous êtes, vouloir avoir plus et s’offrir une belle vie abondante, vouloir vivre peut-être bien la vie de vos rêves, est égoïste, coupable et dangereux.

La vérité est que nous sommes tous profondément blessés. Atteints dans nos coeurs et nos âmes par la violence de l’histoire humaine qui a conditionné l’être humain à perdre confiance en lui, à se sentir coupable et à renoncer à ses rêves. A garder un statut de victime financière à vie ! Il est temps de relever le nez du guidon que nous ne conduisons pas et de nous reposer les bonnes questions.

Parfois ce n’est pas que nous ne parlons pas argent, mais que nous en parlons mal !

Si je veux plus d’argent alors j’assume car je sais pourquoi. Je me libère de ces siècles successifs de culpabilisation et d’interdit et je me donne le droit à l’abondance. Je me donne le droit, et même le devoir, de parler argent clairement pour éviter des conflits dans mes équipes, dans mes relations et dans mon business. Je pose des limites à tous y compris à mes clients préférés car je veux avant tout honorer mon argent.

Après 13 ans d’exploration de la relation à l’argent dans toutes sortes de milieux, ma conclusion est que si nous ne nous occupons pas d’argent dans la lumière, il ressurgira dans l’ombre comme la mauvaise fée qui n’a pas été invitée à la fête et qui revient jeter des mauvais sorts ! Le super co-équipier ou associé d’hier devient notre pire ennemi en 24h, notre couple éclate, des fratries se déchirent, notre business se trouve confronté à des difficultés insolubles de trésorerie que le fameux Esprit Saint n’est jamais là pour résoudre.

La peur de manquer crée des émotions tout aussi non dites, sournoises que dévastatrices. Elle est l’origine des guerres, le lit des fascismes, de la volonté de pouvoir sur autrui, de la violence pour atteindre la domination, de l’incurie de la spoliation, de la manipulation interpersonnelle … J’ai peur de manquer d’argent, de reconnaissance, d’existence … Ces besoins premiers dits « primaires » nous les regardons malheureusement souvent de trop haut pour les reconnaître. Ils reviennent alors en force démontrer qu’il faut leur donner priorité car ils sont la base du château ! Si on ne veut pas le construire en cartes, il faut les prendre en compte.

>> Si nous ne guérissons pas de cette peur du manque par une démarche consciente d’ouverture à l’Abondance, elle finit toujours par nous rattraper et par couler nos plus belles entreprises humaines.

La prochaine révolution à mes yeux est ainsi celle de la conscience d’abondance, de la revalorisation de soi et du droit à affirmer notre valeur dans le monde qui induit notre droit à considérer l’argent comme une énergie positive ! Une énergie qui nous aide à rayonner dans le monde et à servir nos valeurs. Une énergie saine qu’il faut apprendre à maîtriser et à gérer ensemble, dans un esprit fair-play, transparent et loyal, pour notre bien-être individuel et pour la paix sur cette planète.

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